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PPC

Le podcast matinal live qui lutte contre l’illectronisme

31/10/2019

Tous les matins à 7h30, sur le chemin de son vrai boulot, PPC anime un podcast en direct sur Twitter baptisé “Bonjour PPC”. Une performance pour ce pro du digital, blogueur, producteur de vidéos Youtube et live streamer ! Il lui faut éviter les trottinettes et surtout faire vivre une émission très radio libre durant une demi-heure, en réagissant aux tweets et en s’appuyant sur les contributions des auditeurs.

Le podcast, rebaptisé “Le digital pour tous” pour sa version replay disponible sur les plateformes de distribution, se fixe comme mission de lutter contre “l’illectronisme”. Un fléau qui touche les millions de Français en difficulté avec le digital.

PPC s’entoure d’un groupe d’une vingtaine de contributeurs de tous horizons pour préparer ses sujets quotidiens en 24 heures chrono : cybersécurité, digital et environnement, deep fake… Un podcast étonnant et sans équivalent qui vit grâce à une communauté enthousiaste qui vote pour les sujets traités et participe à la création de son contenu. Le prochain défi de PPC et de ses fidèles ? Créer des rendez-vous IRL (in real life).

Pour suivre PPC

Sur Twitter

« Le Digital pour tous »

« Influence digitale »

Pour aller plus loin

Un post de PPC sur Medium : “Twitter, plateforme conversationnelle de la nouvelle génération de podcasts”

Le podcast audio de MacWorld (extrait écouté dans ce numéro)

Interview écrite

A Parte : Comment est née cette idée du podcast live ?

PPC : J'adore la radio depuis des années et j'ai découvert une fonctionnalité fabuleuse sur Twitter en juillet qui permet, sur un simple tweet, de lancer de l'audio et de voir les commentaires des personnes qui vous écoutent. Fabuleux. En septembre 2018, j'ai décidé de lancer de lancer “Bonjour PPC” via mon compte @PPC chaque matin.

On est en direct avec les personnes qui viennent. Aujourd'hui il y a entre 200 et 300 personnes chaque jour qui interviennent sur un sujet qui vise à donner les clés pour mieux comprendre ce qui se passe avec le digital. Ça s'appelle maintenant “Le Digital pour tous” et c'est disponible sur les plateformes de replay. Le live reste sur @PPC et s’appelle “Bonjour PPC”. Je fais ça tous les jours. C'est dans la rue, entre mon domicile et mon lieu de travail, c'est en direct, j'ai deux micros, j'essaie d'éviter les trottinettes, de pas me prendre de voiture, de suivre le sujet, de suivre les conversations des personnes qui sont en direct sur Twitter qui me donnent des commentaires sur le thème, leurs points de vue, leurs exemples.

En parallèle, il y a un conducteur qui a été préparé avec une super rédaction qui vient de Twitter et qui m’aide tous les jours à préparer la ligne et la colonne vertébrale de ce podcast.

Concrètement, tu es dans la rue, tu as deux téléphones, un dans chaque main, un micro, un casque sur tes oreilles ?

J'ai arrêté le casque parce qu'il faut que j'entende les trottinettes qui arrivent. Donc en fait j'ai deux micros cravates, reliés à chaque smartphone. J’ai deux à iPhone dans la main : un smartphone qui est sur Twitter et qui lance le tweet du jour et qui voit les commentaires et un deuxième smartphone qui me permet de faire un enregistrement qui, lui, va partir sur les plateformes de replay. Donc dans ce même podcast il y a trois trucs qui se passent en même temps : il y a un live conversationnel interactif collaboratif avec les personnes qui sont présentes ; l'enregistrement d'une capsule qui va partir dans les minutes qui suivent sur les plateformes de baladodiffusion; et un blogpost avec le replay.

Tu utilises quelle appli ?

J'utilise Anchor qui est poussée ensuite sur une autre plateforme qui s'appelle Ausha et pousse vers 8h05 le contenu sur toutes les plateformes de podcasts. Et en parallèle, parce que ça ne serait pas drôle sinon, il y a un article de blog qui part en même temps et qui encapsule l'épisode du jour a été enregistré en replay. Donc à 8h07 c'est fini, j'ai ma journée pour travailler.

Comment as-tu découvert ces outils ?

Quand Periscope est arrivé, j'ai eu un déclic. C'est un peu la continuité de ce que j'ai pu faire sur les blogs, où les commentaires amènent souvent de l'interaction et de la richesse, mais il faut souvent attendre longtemps avant d’avoir les premiers commentaires. Sur YouTube, c'est pareil.

Et là tout d'un coup il se passe un phénomène incroyable : là où on émettait des choses avant avec un média pour faire venir des spectateurs ou des auditeurs. Tout d'un coup le spectateur et l'auditeur deviennent parties prenantes du contenu et peuvent commenter en temps réel.

Quand vous filmez, ils peuvent vous dire : vous pouvez mettre la caméra un peu plus à gauche, on ne voit pas bien, ou la question que vous posez à cette personne, on n’a bien pas compris la réponse, est ce que vous pouvez préciser ? Ou voilà la question que j'aimerais poser à cette personne... Et là, ce n'est pas seulement une, deux, trois personnes, c'est 200 ou 300 personnes qui posent des questions et sont en interaction. Tout ça, à un rythme incroyable. Une fois qu'on a dit ça, ça change tout.

Comment tu fais pour élaborer les sujets avec ta communauté ?

Au début, je suis parti sur des thèmes que je connaissais. C'était facile mais c'était déjà compliqué parce que je partais avec mon premier micro. Je n'avais qu'un seul smartphone à l'époque. J'étais dans la rue, je me suis dit : je vais lancer cette interaction audio sur mon chemin du travail puisque c'est seul moment où j'ai le temps de faire ça, c'est le seul moment où je peux tenir cette régularité. J'ai une amie qui m'a dit très gentiment : ton truc c'est sympa mais au bout d'une vingtaine d'épisodes, tu risques d'être sec sur les sujets.

Et elle a eu raison. Ce qu'on aurait pu prendre comme une critique en fait était un vrai cadeau.

Au début, c’était des sujets digitaux que je connais et donc c'était assez facile de faire de la conversation et de partager une petite partie de mon savoir. Et je me suis dit que ça allait m’enlever une énorme charge mentale en demandant la communauté de me proposer le sujet du lendemain. Pas mal.

Et puis il y en a plusieurs qui ont proposé des sujets, donc je leur ai demandé de voter pour faire la sélection parce que je ne suis pas tellement tendance dictateur. L'autre problème que ce système vous amène tout de suite après, c'est que vous n'avez plus que 23h30 pour préparer le sujet du lendemain...

Quelle est la ligne éditoriale ?

La ligne, c'est de lutter contre un fléau qui s'appelle l' « illectronisme » et donc faire en sorte que le digital soit vraiment pour tous. L’illectronisme concerne environ 23% de la population en France, donc on a forcément des gens concernés autour de nous. On fait tous un peu face à l’illectronisme, il y a des sujets sur le digital avec lesquels on est plus à l'aise que d'autres. J'ai d'ailleurs moi-même, sur des sujets qu’on me proposait et où je ne connaissais rien, fait preuve d’illectronisme.

Toi sur Twitter, tu n'as pas de troll ?

On en a de temps en temps qui peuvent venir parce qu’ils se disent “il y a du monde on va essayer de voir si on peut un peu déranger la chambre d'enfant”, mais en fait la communauté les régule. Et puis vous savez, c'est toujours pareil. Quand on montre quelque chose sur le digital basé sur des communautés, la qualité fait la qualité. Il faut démarrer les choses un peu sous le radar, vous créez une qualité et quand les gens arrivent sur quelque chose de qualité ils amènent de la qualité. Donc c'est très très vertueux.

Quelles sont les évolutions de ce podcast ?

Avec la saison 2, on a des nouveautés : il y a un tweet d'avant émission vers 8h07 ou 8h06 pour engager la conversation avant l'épisode du lendemain. Le tweet d’avant émission permet d'abord d'annoncer qu'il y a une mission le lendemain et ça veut dire aussi qu'il y a déjà des personnes qui sont en train déjà de le commenter, d'amener leur point de vue, d'amener leur angle, d'engager la conversation, donc on a déjà de la matière.

Comment fonctionne cette rédaction collaborative ?

Il y a un noyau qui était là depuis le début et qui m'a aidé à angler un petit peu le sujet quand je ne connaissais pas grand chose, à introduire des thématiques, à amener leurs points de vue, leurs expérience. Ce sont des twittos que j'ai sélectionnés, des gens que j'ai eu le plaisir de rencontrer en vrai ou sur Internet. Ils viennent de partout. L’un est agent immobilier dans le sud, l’autre est cuisinière, d'autres sont des informaticiens chevronnés. On a des directeurs marketing, il y a des journalistes aussi, des chercheurs… C'est très varié. Nous sommes une vingtaine à peu près. Chaque jour, une petite dizaine est active sur le thème du jour. D'autres ne disent rien parce que le thème ne leur parle pas ou ont autre chose à faire. Et ça permet de donner un angle. Ce sont les bienveillants qui sont autour.

On a commencé à d'abord à converser en message privé sur Twitter. Puis après on s'est rendu compte qu’il y avait un peu trop de conversations parce que tout le monde s’emballait beaucoup sur les sujets, donc on a monté un Trello pour ranger les différents sujets.

Et puis là on vient de pivoter sur un Slack. Donc là aussi on fait des tests parce qu'il y a plein de conversations, parce qu'il y a plein de thématiques, parce qu'il y a plein de sujets. Les personnes ont aussi envie de se rencontrer avec ou sans moi d'ailleurs. C'est ça qui est merveilleux.

Est ce que tu connais beaucoup d'autres exemples qui font comme toi ?

Pas beaucoup. Ce qui est très intéressant avec des gens comme le site MacWorld que vous avez cité en extrait, c’est qu’au départ ils ne faisaient que de la diffusion vidéo sur ces vecteurs-là pour de la visibilité. La nouveauté, c'est qu'ils viennent prendre les commentaires et ça on ne le voit pas encore beaucoup de la part des marques ou de la part des médias. Certes, les médias utilisent beaucoup le direct à la radio ou à la télé mais il s'en servent uniquement comme d'un canal supplémentaire. Jamais ils ne vont aller chercher l'interaction avec leur audience.

Quelle est la différence finalement avec l'antenne libre ?

La différence, à part mes tout petits moyens, c'est qu'on va prendre beaucoup plus de personnes. A la radio, on prend seulement trois ou quatre personne à l’antenne, je pense aux émissions très célèbres et qui marchent très bien. Là, c'est beaucoup plus de monde et surtout le contenu est travaillé avec l'auditoire.

Pour l'interview du matin d'une grande radio qui fait appel à des auditeurs, comment ça pourrait s’appliquer ?

Même si les spécialistes de la radio nous disent “priorité à l'antenne et on verra après pour jouer avec les réseaux sociaux”, moi mon rêve ce serait d'inverser les choses. L'invité de 8h20 est un politique, un chef d'entreprise etc. qui va être un peu mis sur le grill par l’anchorman du moment. L’invité connaît tous ses éléments de langage, il est prêt, il est affuté comme une arbalète et il va sortir tous ses éléments de langage.

Si on inverse le sujet, on peut se dire : OK cette conversation là qui aura eu 8h20, on l'a fait à 7h50 sur les réseaux sociaux avec des vraies personnes, avec des Français avec des gens qui viennent d'univers différents et on va aller le cuisiner un peu sur le sujet, vous allez voir que ces éléments de langage vont faire 3 minutes et après on va commencer à attaquer les vraies choses. Si on remonte sur les pourquoi plusieurs fois on se rapproche un peu plus d'une certaine vérité.

Donc ça serait intéressant d'inverser la donne. On commence par la capsule réseaux sociaux et après on fera l'antenne. Et là vous allez voir on va avoir des vrais morceaux de vraie vie.

Quels sont tes prochains projets ?

J'ai repris du plaisir à faire de l'audio donc ça c'est sympa. La voix ne triche pas, c'est très intéressant et ça m'a donné envie de sortir deux nouveaux podcasts. Le prochain s'appelle “l’Influence digitale” avec des interviews d’influenceurs. Je suis parti d'un problème : les gens ne comprennent pas ce qu'est l’influence. On a une espèce d’incompréhension entre les influenceurs d'un côté, les agences de communication de l'autre, les directeurs marketing. Chacun y met un petit fantasme. Donc l'idée c'est de donner des regards croisés qui vont permettre de mieux comprendre l'influence. Et puis le petit dernier, vous l'avez un peu en exclusivité, sera avec Jérôme Bonaldi, ça s'appelle “Pour de vrai” et on va interviewer des gens qui s'occupent du digital et on va leur demander de nous parler pour de vrai de nous raconter les coulisses. Qu'est ce qui fait que ça marche ? Qu'est ce qui est compliqué ? Quels sont les endroits où ils ont vécu des difficultés ? Comment trouver des solutions ? Ce podcast va servir de mise en avant d'un événement qu'on anime avec Jérôme en février à la Clusaz qui s'appelle les Sommets du digital.

Crédits

Réalisateur.rice.s : Elise Colette et Jean-Baptiste Diebold

Réalisation et post-production : Raphaël Bellon

Design graphique : Benjamin Laible

Communication : Laurie Lejeune

Générique et habillage sonore : Boris Laible

Production : Ginkio